Marshall Mpinga Rugano
Marshall Mpinga Rugano, auteur et metteur de scène de « Liebe »

HotVoz a tendu le micro a l’un des artistes le plus en vogue dans le théâtre au Burundi, un jeune d’un calme professionnel, au regard profond, un artiste qui s’inspire de son quotidien et qui sait comment inviter le monde entier dans un débat sur le Burundi

Vous êtes un artiste qui évolue dans le domaine du Théâtre, pourriez-vous vous présenter et présenter un peu de mot votre troupe?
Je m’appelle Mpinga Rugano Marshall, Je suis auteur dramaturgique, metteur en scène et Acteur. La compagnie est née en 2011 : nous voulions un nom plutôt étrange, l’imaginaire, le féérique, une sorte de bizarrerie pour interpeller une personne à se demander “, c’est qui ces gens qui se nomment Enfoirés ?” ça a marché ! La création de notre compagnie à été tout un concours de circonstances : nous avions monté notre premier spectacle en 2013. Nous avions noué des liens forts avec d’autres compagnies burundaises et étrangères, ce qui nous a ouvert des perspectives immenses
Récemment vous avez joué une pièce, qui a reçu un des bons critiques, pour ceux qui n’ont pas eu la chance de venir, la pièce offre quel genre de Messages ?
Liebe c’est une pièce qui touche un problème très sérieux qu’a traversé notre pays. Son passé et son présent, son avenir. Elle ramène chacun d’entre nous à une réflexion fondée sur un Burundi unifié, décidé à mettre à bas les fantômes de son passé pour regarder vers l’avenir.
Comment trouvez-vous le monde du théâtre au Burundi, pensez-vous que le Théâtre peut être un business au Burundi ? Que pour faire atteindre ce niveau?
Le théâtre ne paie presque pas. Souvent, c’est la saison sèche, parfois, c’est la saison des pluie, la récolte. C’est Idem pour la plupart d’arts au Burundi et ailleurs. Mais ceci dépend de comment et dans quelles perspectives vous travaillez. Personnellement, je pense que le théâtre paiera le jour où il aura son espace propre à lui où des compagnies pourront se produire autant des fois qu’ils voudront, pas toujours dépendre d’une quelconque institution ou centre. Je conseillerai donc aux gens qui veulent faire du business dans le théâtre d’invertir d’abord un espace où ils pourront travailler indépendamment et sans contrainte. C’est ce qui manque au théâtre burundais. Mais nous y travaillons.
D’où puisez-vous l’inspiration, combien de temps ça prend pour monter une pièce de théâtre ?
Ça dépend ! Dès que je sais quelle pièce je veux monter, je réfléchis tout d’abord aux idées générales : quel ton donner, quel aspect mettre en avant. C’est ce qu’il y a de plus trapu, cet étape avant le lancement! C’est un peu la trame, le scenario du spectacle. À ce stade, on commence la distribution des rôles et l’organisation des plannings des répétitions. On bloque les dates, on cherche les salles de répétition et on s’occupe des costumes et des décors en parallèle pendant les répétitions. Un mois avant la première, le travail s’intensifie et devient me une activité à plein temps, jusqu’au spectacle proprement dit. Tout cela est très lourd, croyez-moi, surtout quand on a une équipe qui a une autre vie en dehors du théâtre!
Quels conseils pour a quelqu’un qui aimerait se lancer dans le business du théâtre?

Travailler sans relâche, rien attendre en retour.

Quels sont les grands défis que vous rentrez dans votre métier, comment est-ce que vous les surmonter ?

Notre société a plus la culture de la bière qu’a celle du théâtre ou d’Art, ce n’est pas un secret de polichinelle, mais nous comptons bien la lui imposer. Nous y travaillons.

Les défis sont nombreux, et surtout pour le fait qu’il soit quasi et hyper difficile de trouver des gens qui veulent vraiment s’engager dans ce métier. Beaucoup sont ceux qui sont venus et peu sont restés. Mais les restants sont ceux qui ont, par la suite, compris que l’avenir du théâtre est certain. Ils y travaillent hardiment. D’autre part, il faut quand même dire qu’il est difficile d’être artiste au Burundi. Aucune entreprise ne veut investir dans cette discipline, le peu de moyens que nous avons sont des aides extérieures. Nous ne pouvons tout de même pas oublier ces quelques entreprises qui, une ou deux fois, ont osé sponsoriser le théâtre via notamment le festival Buja sans Tabou de Freddy Sabimbona, je vois Ethiopian Airways, etc. Notre société a plus la culture de la bière qu’a celle du théâtre ou d’Art, ce n’est pas un secret de polichinelle, mais nous comptons bien la lui imposer. Nous y travaillons.
Quels sont les rêves des enfoirés de Sanoladante, d’ici 10 ans quelles sont vos ambitions
Nous avons des projets à réaliser d’ici quelques années, mais le plus primordial de tous c’est de trouver un espace où nous pouvons travailler tranquillement en tant qu’association. Nous travaillons sur la professionnalisation du théâtre au Burundi, nous le faisons avec l’IFB et d’autres partenaires.
Un message particulier aux lecteurs de HotVoz ?
Aimer l’Art et la culture.

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