Il faut l’avouer ce qui se passe actuellement entre le Rwanda et le Burundi mérite un coup de projecteur. Il y a quelques mois, afin disons depuis quelques années la chaleur monte petit à petit et les théories s’accumulent.

Pour les optimistes tout va bien, la diplomatie avec le peuple rwandais est au bon fixe, du moins presque. Pour les pessimistes le Paul le plus Kagamé serait sur le point de s’en prendre à la nation burundaise. On entendra les récits sur les espions, l’attaque de Cibitoke, l’incendie au T2000, sans oublier les assassinats ciblés contre les personnalités publiques, la liste est longue et il y a suffisamment de quoi avoir peur.Tout allait le mieux il y a quelques semaines, les uns avaient presque oublié ces relations qui deviennent de plus en plus compliquées, les autres non ! On entendra quelque part dans une manifestation « Tuzokumesa » l’hymne de la colère contre ce voisin qui ne supporte plus les démangeaisons. Et c’est en ce moment que la Programme Alimentaire Mondiale entre dans l’équation pour huiler ces bonnes relations entre le Burundi et le Rwanda avec quelques tonnes de maïs et haricots. Cet article questionne l’incohérence dans le récit qui est autour de l’aide alimentaire en provenance du Rwanda via PAM.

Au commencement il y avait un article et un Tweet

Pour ceux qui suivent l’actualité sur twitter, il y a une semaine la machine à tweeter du Journal Ikiriho reprenait une information publier sur le site de l’agence Kigali Today Press. Il a suffi une cinquantaine de caractère pour annoncer que le Rwanda via la PAM envoie une aide alimentaire au Burundais. Et le web s’enflamma! D’après les sources, ce jour-là, le téléphone d’Ikiriho sonnera sans répit, il fallait expliquer d’où vient cette information, et si c’était vrai… Des commentaires sur Facebook et twitter devenaient incontrôlables, et il fallait faire quelques choses…, finalement KTPress avait été une source non fiable, pour certains, ces justifications était presque sans aucune valeur.

Et cette lettre de Jean-Pierre Demargerie au ministre Rwandais d’agriculture  a fait surface.

Une lettre de ce qu’il y a de plus ordinaire, dont l’objet est la demande des facilités pour l’export et qui explique en quelques sortes la chaîne d’approvisionnement des stocks du PAM surtout comment l’approvisionnement se fait en considérant l’autosuffisance des marches locales dans la sous-région. Monsieur Jean Pierre, Représentant pays du PAM au Rwanda mentionnait que même le Rwanda pouvait, selon la stratégie, bénéficier d’approvisionnement en provenance de la Tanzanie et l’Uganda au cas où la demande locale serait supérieure à la production nécessaire pour garder l’équilibre du Marché. Cette lettre qui avait était écrite le 12 avril 2017 ne deviendra public qu’une semaine après, juste après les polémiques autour du tweet d’Ikiriho.

Lire cette lettre cliquez ici et ici

Après le tweet, Ikiriho tombait dans le piège de démentir une info qui s’avérait correcte à la fin.

On ignore les gens qui auraient appelé Ikiriho durant toute la journée, mais ce qui est sur c’est que très tôt le matin du jour suivant la rédaction avaient déjà publié un démenti sous leur rubrique « CONTRE-RUMEUR » :

« Le Groupe de presse Ikiriho reprenait hier une information publiée par l’agence de presse rwandaise Kigali Today Press, annonçant la livraison au Burundi par le Programme Alimentaire Mondial (PAM) de centaines de tonnes d’aliments achetés au Rwanda.
Cette information a attiré l’attention de plusieurs lecteurs et des concernés, dont des officiels de PAM Burundi, qui démentent formellement la nouvelle: “Il n’y a pas de maïs ou d’haricot venant du Rwanda et acheminés au Burundi par le PAM. Les procédures du PAM dans l’achat d’aliments pour l’aide humanitaire privilégient les producteurs locaux”. Ikiriho voudrait donc démentir l’information relayée hier, présenter ses excuses aux lecteurs et promettre d’effectuer un fact-check plus poussé des différentes sources d’informations, pour éviter la propagande institutionnelle comme nous l’avons vécu hier avec “Kigali Today Press”.  »

Vous l’avez bien lu Ikiriho à citent les officiels du PAM Burundi, qui selon sa rédaction avaient nié l’existence du maïs et du haricot venant du Rwanda. Cette version a marché toute la journée avant que ne surgissent sur Facebook des photos des camions et d’un sac de blanc avec insigne du PAM et le Made in Rwanda, et la vaser venaient de déborder, c’était vrai le Rwanda avait l’intention d’écouler ses amis et haricot au Burundi via le PAM, inacceptable selon une certaine opinion qui y voyez une ruse pour empoisonner les Burundais et transportez les armes incognito.

C’est ainsi que les spéculations autour des tonnes de Maïs et les haricots magiques laissaient place aux déclarations officielles

C’est le porte-parole de la police Nationale du Burundi s’est exprimé en premier, ici citée par le journal Coaci ;

« Le convoi de 10 camions transportant 300 tonnes de nourriture a été recalé par la police burundaise à la frontière malgré toutes les formalités. Le porte-parole de la police burundaise, Pierre Nkurikiye, a justifié ce refus mardi par le fait que depuis 2015,  plusieurs criminels venant du Rwanda Rechercher Rwanda avaient été appréhendés alors qu’ils prévoyaient des attaques contre les leaders. »

Nicole Jacquet, Directrice Adjointe du PAM-Burundi, par la suite animait ce mardi 25 Avril un point de presse pour bien éclairer à l’opinion nationale qu’internationale sur les rumeurs autour des haricots achetés au Rwanda dans le but d’aider la population burundaise souffrant de la famine et de la malnutrition et les réfugiés congolais vivants à l’Est du Burundi. Avec la récolte des vivres pour la saison B qui a été très mauvaise dans plusieurs provinces provoquant une famine aiguë dans certaines régions. Ainsi, la PAM ne pouvant pas acheter les vivres sur les marchés locaux, il a dû recourir à ceux de la sous-région et à choisir le Rwanda, non seulement que le prix était bas, mais aussi les moyen de transport , souligne Nicole

Pour cette raison, le PAM devrait impérativement emprunter le corridor nord qui entre par la frontière de Gasenyi et les dix camions qui transportaient les 300 tonnes de haricots ont été bloqué par la police Burundaise car, disait-elle, « ce corridor n’est pas bien sécurisé pour une telle opération ». Donc, le PAM ne pouvait pas prendre le risque de faire passer sa cargaison sur une route non sécurisée, il a été obligé d’annuler sa continuité vers sa destination, selon la version officielle.

Ainsi Nicole s’inquiète

 «Si le problème du corridor nord persistait, ce serait assez grave pour nous. Cela signifie que tous les convois devront passer par la frontière de Kobero. Or, cette frontière nécessite un très grand détour et beaucoup de frais de transport supplémentaires pour les vivres en provenance de la sous-région. »

L’inconnu de l’équation, quelle est la suite de cette cargaison ?

Le Programme Mondial alimentaire, après avoir rencontré les autorités burundaises notamment le ministre des relations extérieures et de la coopération internationale, et ne pouvant pas aussi laisser le convoi garer sur la frontière Burundo-Rwandaise, a décidé faire retourner les dix camions vers son stock de Kigali en attendant que la police burundaise lui communique que la sécurité sur le corridor nord-est revenue. Nicole Jacquet regrette qu’entre-temps, les 112.000 personnes que cette aide était destinée, risquent de souffrir de la famine et de la malnutrition chronique, car, dit-elle, les stocks de PAM-Burundi sont presque vides, mais elle espère que la situation va se normaliser d’ici peu de jours.

Et l’histoire se répète,

Oui, l’histoire se répète, car il paraît que sous la présidence de Bagaza, le gouvernement avait décidé de ne pas accepter une aide alimentaire provenant de quelques pays de l’Occident. Époques différentes raisons différentes peuvent être, mais une chose est sur, même à cette époque les pays donateurs avaient assuré que le Burundi laisse entrer cette aide alimentaire sans succès. Mais aussi d’un autre côté, les mémoires vives de certaines personnes se rappellent encore cette femme qui témoignait dans le film « Rwanda’s Untold Story » produit par la BBC. Une histoire vraie des réfugiées rwandaises au Congo qui reçoit une aide alimentaire et qui meurt par milliers chaque jour, un témoignage émouvant, qui laisse une question pas mal de gens se posent actuellement, cela peut-il arriver au Burundi ? Partagez-nous dans les commentaires ce que vous pensez de cette équation qui nous échappe.

 

 

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