« Qui écouter ? Qui dit vrai ? Qui a droit à la parole ? Telles sont les questions que se posera le facilitateur du dialogue inter-burundais en cours à Arusha en République Unie de la Tanzanie.


Décidément, le dialogue inter-burundais à Arusha risque de se terminer en queue de poisson, au regard des positions des belligérants et les divergences qui minent l’opposition radicale. Selon toute vraisemblance l’opposition radicale est divisée du fait qu’elle n’est pas parvenue à faire bloc pour faire cause commune. Ce qui constitue une aubaine pour Bujumbura décidé de rapatrier le dialogue une fois pour toutes. Il s’agit en somme d’une occasion unique pour l’opposition radicale à saisir. Curieusement, celle-ci tente toujours d’obtenir ce qu’elle n’a pas obtenu par la rue et la force de ces engins qui crachent le feu depuis fin avril 2015.
C’est cette « transition » naguère réclamée à haute voix avant de tenter de l’obtenir à la faveur des armes qu’elle appelle aujourd’hui dans en terme doux « gouvernement d’union nationale ». Un gouvernement qui rassure tout le monde pouvant conduire le pays à des élections libres, démocratiques et transparentes. (sic…). Aux yeux du gouvernement et ses allies, c’est demander la lune !!

L’autre pomme de discorde est le profil des participants.

Le bras de fer risque de s’engager si Bujumbura devient flexible, lui qui a jure sur la Bible qu’il est hors de question de s’assoir avec des individus ayant trempé dans l’insurrection violente qui a précédé la tentative de coup d’Etat du 13 mai 2015 en s’inclinant devant la volonté des bailleurs de ce dernier round qu ultime chance de leurs enfants chéris qui risquent de finir en exil.
L’autre pomme de discorde est le profil des participants.Sur demande de l’Union Européenne l’ancien président tanzanien Benjamin Mkapa a invité les yeux fermes certaines organisations de la société civile qui sont aujourd’hui, soit radiées, soit suspendues. D’autres ne sont pas reconnues par le ministère de l’intérieur. C’est le cas de l’ONG belge, le CNARED qui avait pourtant déclaré urbi et orbi par le biais de son porte-parole Pancrace Cimpaye qu’il ne se présentera pas. Et encore une fois comme en 2010, après le boycott des élections, le Dr Jean Minani surnommé dès lors Mr « Buzirendabwire » a encore une fois saisi la balle au bond pour sauver la face de ceux qui le nourrissent aujourd’hui.

Pas question de toucher à la constitution que le Dr Jean Minani a fait tailler sur mesure en 2015

Ayant été évincé à la tête du parti qu’il a fabriqué brique sur brique, le Frodebu Nyakuri , le Dr Jean minani vient de se voir propulse à la tête de cette ONG belge qu’est le CNARED. L’élection de cet ancien député tenue tambour battant à Bruxelles la veille du lancement du quatrième et dernier round, ne visait autre chose que de permettre à ce vieux crocodile du marigot politique burundais à obtenir le visa d’entrer dans la salle et défendre l’agenda cher à ceux qui ont des intérêts au Burundi. Selon ce que nous apprenons dans les coulisses, il n’est pas question de toucher à la constitution que le Dr Jean Minani a fait tailler sur mesure en 2015, ensuite, la CENI qui sera mise en place avec une mission d’imiter celle du Kenya en refusant de valider les élections selon la même source ne devra pas être nommée par l’exécutif, exiger des garanties de retour au bercail des opposants en cavale sans inquiétude ainsi se résume l’agenda de la nouvelle direction du CNARED.

Et enfin..

La position de Bujumbura est claire et ferme : Il n’est pas question de s’assoir avec des individus qui ont trempé de près ou de loin dans l’insurrection violente et la tentative de coup d’Etat, non plus dialoguer avec des représentants des organisations non reconnues par la loi burundaise, cas du CNARED. Seul l’établissement d’une feuille de route pour la tenue des élections de 2020 que propose l’opposition extraparlementaire semble le seul point acceptable par Bujumbura qui admettons-le tient in fine tous les cordons. « Qui conque ne voit guère n’a guère rien à dire aussi » (citation française). « Tous les étrangers qui n’ont rien vu ou n’ont pas voulu voir ce qui s’est passé au Burundi et qui ne voient même pas la situation qui prévaut au Burundi et tout comme le dialogue est inter-burundais, leur présence dans la salle est indésirable » !!!!!. Telle est la réponse du berger la bergère.

Texte écrit par Notre Contributeur Alain Désire Karorero, Journaliste Consultant, E-mail: ami.peuble@yahoo.fr

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